On nous prend pour des quiches, non ? (si)

Vous excuserez ce titre légèrement capillo-tracté, mais j’avais envie de vous parler un peu de cuisine aujourd’hui, et plus particulièrement de quiche. Je ne sais pas trop comment vous le dire et vous l’avouer (je n’en ai pourtant pas honte) : j’adore les quiches. J’en fais très régulièrement car je trouve qu’on peut y mettre tout ce qu’on a chez soi/dans son garde-manger. J’ai même nommé ce sport culinaire l’impro-quiche.

J’ai (comme dans le reste mon alimentation) une nette tendance à privilégier les quiches aux légumes (de saison) mais le fromage est généralement toujours de la partie et il m’arrive parfois d’y associer des lardons. La quiche improvisée c’est ma spécialité. Parfois je tombe sur une association qui marche tellement bien que la recette tombe dans les basiques de ma cuisine. C’est le cas de la version dont je vous propose la recette aujourd’hui, découverte au hasard de mes fonds de placards. Ça aurait été dommage de garder la recette rien que pour moi.

Quiche Tomates Séchées – Cœurs d’artichauts – Fourme d’Ambert

Pour une tourtière de 28 cm vous aurez besoin de :

  • Une pâte feuilletée/brisée (oui j’ai la flemme de la faire moi même… On ne juge pas SVP)
  • 3 œufs
  • 20 cl de crème végétale (j’utilise de l’avoine généralement)
  • 2 cuillères à soupe de concentré de tomate
  • Une vingtaine de tomates séchées
  • Un bocal de mini-cœurs d’artichauts (ça marche aussi avec des cœurs d’artichauts mais les minis sont plus tendres)
  • 150 g de fourme d’Ambert
  • Du thym (pour la quantité c’est vous qui voyez. De mon côté j’en mets une cuillère à soupe je pense)

Préchauffez votre four à 200° C.

Découpez en petits morceaux les tomates séchées. Mélangez les avec le thym. Coupez en deux dans le sens de la longueur les cœurs d’artichauts et émiettez la fourme d’Ambert.

Battez les œufs et ajoutez y la crème pour obtenir un mélange homogène.

Déroulez dans la tourtière la pâte feuilletée. Piquez la à la fourchette. Étalez le concentré de tomate et répartir dessus les tomates séchées ainsi que les minis cœurs d’artichauts. Versez dans la tourtière le mélange œufs/crème très délicatement (pour éviter que la garniture soit concentrée sur les bords ;-). Disposez la fourme d’Ambert sur le dessus de la quiche.

Cuire 25 minutes au four et dégustez ! Si vous testez la recette, dites-moi ce que vous en pensez. J’espère que ça vous plaira.

Sons & Images #13

Trois des quatre derniers billets du blog étant nombrilo-centrés, il me semblait nécessaire de passer à autre chose et d’arrêter l’ego-trip lancé à l’occasion du voyage à vélo :-) On se retrouve donc aujourd’hui pour une sélection Sons & Images

Une vidéo

Difficile pour moi de choisir UNE SEULE vidéo ce mois-ci car dernièrement, j’ai vu pas mal de choses fort intéressantes : un documentaire sur le tabou de la ménopause (disponible jusqu’au 28/11/20), un autre sur les agressions sexuelles dans le monde du sport (accessible jusqu’au 29/12/2020) ou encore le sublime film de Vadim Jendreyko sur la traductrice Svetlana Geier La femme aux cinq éléphants (merci à B. pour cette découverte !).

Après mûre réflexion j’ai choisi de vous parler d’un documentaire qui m’a beaucoup ému : « Les glaneurs et la glaneuse » d’Agnès Varda. La réalisatrice part à la rencontre de ceux qui glanent, recyclent et récupèrent. Que ce soit par choix, par nécessité, par plaisir ou par envie les glaneurs.euses nous parlent de la société dans laquelle nous vivons, celle du trop plein et du pas assez. Il y a beaucoup d’humanité dans ce film, des patates en forme de cœur, des jolies accents chantants et des trésors d’imagination pour faire « beaucoup » avec du presque rien… <3

Un podcast

En ce moment il y a un seul et unique podcast qui tourne en boucle dans ma tête. Depuis juin j’ai changé de bord : j’ai lâché le casque et pris le micro. Plus précisément j’ai rejoint l’équipe du podcast « Violettes sur les ondes » une coproduction Radio Moulins et Chez Violette qui parle de féminisme intersectionnel. Nous sommes 8 dans l’équipe. Nous prenons la parole à tour de rôle en fonction de notre envie, de notre légitimité à parler d’un sujet et du temps dont nous disposons. Vous n’entendrez pas ma voix dans le premier numéro (mais celles de mes 3 copines Mihaela, Lise et Claire). Par contre je serai dans le prochain et j’y travaille d’arrache-pied depuis plusieurs semaines.

C’est une expérience forte pour moi de prendre la parole (et le micro), j’en parlerai sans doute dans un billet. Nous sommes toutes bénévoles et c’est une grande première pour nous toutes de concevoir, réaliser et monter une émission d’une heure. A l’heure où je publie ce billet, nous serons en train d’enregistrer. Ai-je hâte d’être dans le studio ? Assurément. Suis-je légèrement stressée à cette idée ? Sans nul doute. Mais comme d’habitude cette année :

Un son

Écoutez, dans ce monde de brutes qui devient un peu plus fou chaque jour, je crois que nous avons tous besoin de douceur. C’est ce que représente pour moi cette chanson. Un petit cocon où j’aime me réfugier quand le bruit de la vie est trop lourd à écouter.

Tentative d’éloge du voyage en solo

Après la publication de mon précédent billet, Dans les limbes avec qui j’échange sur twitter m’interpellait avec ses mots (j’aime beaucoup son blog soit dit en passant, allez donc y faire un tour)

Ce qui m’étonne toujours, c’est de voir les gens partir seuls. Pas pour les prétendus dangers, mais pour la solitude. Je vis le voyage comme un partage.

C’est vrai ça : pourquoi on part seul.e ? Pourquoi décider de vivre un voyage sans en partager les péripéties, avec un compagnon ou une compagne d’aventure ? Ça m’intéressait de poser des mots sur ce choix et d’en parler dans un billet, que voici.

Je suis toujours partie en voyage à vélo avec quelqu’un. Pour la personne timide et réservée que j’étais alors, c’était rassurant. Je pouvais me reposer sur l’autre. Je jouais la sécurité. La porteuse de bidons utile mais jamais dans la lumière.

Cette année, j’en ai eu *un peu* ma claque d’être à l’arrière du peloton. J’avais envie d’être devant. La leadeuse de l’équipe, celle qui décide et a le pouvoir. Changer face à ceux qui nous connaissent et croient savoir qui on est, ça peut être parfois un peu compliqué (j’appelle ça l’art salvateur de faire un pas de côté). Un voyage à vélo en solo me semblait être une manière de m’approprier le nouveau rôle que je voulais jouer, pour ainsi glaner les points de confiance en moi qui me manquaient. Je ne vais pas vous faire le coup de la panne la sortie de la zone de confort. Je n’y crois pas. Toutefois je savais qu’il me fallait un temps fort, sans personne à mes côtés pour trouver celle que je voulais être.

a     a Le seul vrai problème quand on part seul.e : le cadrage quand on veut se prendre en photo. J’ai une petite marge de progression question #sellefie

Être seule ne signifie pas pour autant ressentir la mélancolie de la solitude. Je crois que notre société considère qu’être seul.e et solitude sont synonymes. Pour moi c’est différent. On peut être seul.e et se sentir entouré.e ; et paradoxalement on peut aussi ressentir une solitude crasse en étant avec d’autres personnes.

Pendant ce voyage j’ai eu le sentiment d’être entourée par ceux que j’ai rencontrés sur ma route, et ceux qui peuplent habituellement mon quotidien. La notion de partage ne se mesure pas au degrés de proximité que j’ai avec quelqu’un.

Un jour perdue dans l’avesnois, j’ai croisé un monsieur âgée. C’était tôt le matin, je tournais dans le village depuis 2-3 minutes. M’ayant aperçu, il est sorti de chez lui en pyjama, pas coiffé et les yeux un peu bouffis par le sommeil. Il m’a indiqué mon chemin et m’a demandé où j’allais, d’où je venais et comment j’allais. Nous avons parlé 5-10 minutes et il a fini par me confier un secret (dont il n’avait jamais parlé à personne m’a-t-il dit) : il avait toujours voulu faire ce que je faisais. Il m’a demandé de profiter deux fois de mon voyage : une fois pour moi et une fois pour lui.

Je fais des voyages à vélo pour ce type de rencontre. Pour toujours, lui et moi aurons ce secret. Quel beau cadeau ! Si j’avais été accompagnée lors de ce voyage, nous n’aurions peut-être pas eu cet échange. J’en ai plein la besace de ce type de rencontres improbables. Partager quelques instants avec un.e inconnu.e c’est une expérience de partage souvent bonne, parfois imparfaite, rarement creepy.

En voyage à vélo il y aussi la problématique du rythme. Je ne suis pas particulièrement sportive (je porte fièrement les couleurs de la #TeamEscargot), et j’ai déjà ressenti le poids d’être le boulet de service : celle qu’on attend à chaque côte parce qu’elle ne va pas assez vite. Même si c’est fait avec bienveillance, même si l’autre fait preuve de compréhension, à la fin de la journée personnellement, j’ai quand même l’impression d’être une merde nulle… Partir seule c’est la liberté de choisir son rythme, son programme, sa vitesse, son itinéraire. C’est la liberté d’être soi, et de prendre 2 heures pour faire 10kms si on en a envie.

Enfin partir en voyage en mode solo c’est un choix mais c’est aussi parfois la vie qui en décide. Je suis célibataire (et c’est totalement ok car je vis ma meilleure vie depuis que je me suis séparée de mon compagnon). J’ai des ami.e.s, un frère, des parents, de la famille avec qui je pourrais partir, mais ils ont leur vie. Je n’ai pas envie de leur demander de m’accompagner et de me suivre dans mes projets. Dans la vraie vie, je m’accompagne toute seule. Pourquoi devrais-je faire différemment en voyage ?

Je n’ai pas envie d’attendre quelqu’un.e pour réaliser mes rêves. Si je dois les faire seule et bien soit. Je les réalise, c’est là l’essentiel. Il ne tient qu’à moi de concrétiser ce que je désire. C’est à la portée de ma main. Je n’ai pas besoin de tenir celle de quelqu’un.e d’autre pour y arriver. Un jour peut-être je referai un voyage accompagnée mais cette expérience en solo m’aura permis de me dire que je n’ai pas besoin d’un.e autre pour y arriver. Et ça niveau force, confiance en soi et liberté : c’est fort ! :-)

Pour autant cela ne veut pas dire que je suis une super-woman, une espèce de baroudeuse qui peut tout encaisser et tout affronter (oh que non !). On croit souvent être seul.e dans la vie, mais si on y prête attention il y a toujours quelqu’un pour nous aider un peu, nous guider et partager un instant ou plus. Il suffit de regarder attentivement…

La liberté d’être soi, d’aller à son rythme et de partager avec ceux qu’on ne connait pas (encore) : voilà quelques unes des choses que ce voyage à vélo en mode solo m’a apportées. Je trouve que c’est plutôt pas mal. Ça aurait été dommage de se contenter d’être la porteuse de bidons…