J’enrage

Je me faisais une joie de la fin de ce confinement. Même si tout s’etait bien passé pour moi et que l’épreuve n’en était pas une, j’attendais pleine d’impatience le jour de la sortie sans attestation. Loin d’être une libération, j’entrevoyais derrière ce prémisse au déconfinement, le début des lendemains qui chantent. 

Et puis il y a eu ce coup de téléphone. Celui qu’on redoute. Celui dont on se souvient. Celui où on se dit que ça n’arrive pas qu’aux autres. Celui qui sonne le glas. 

Le moment joyeux des retrouvailles tant attendues s’est mué en réunion familiale de deuil. Ma petite Mémé s’en est allée. Depuis je suis triste mais aussi en colère. Une colère noire, silencieuse et mauvaise. Certains comptent les points des côtes de popularité. D’autres s’autocongratulent sur la gestion prétendument exemplaire de la situation. Nous, nous enterons nos morts devenus des chiffres, des courbes et des statistiques. Une inflexion positive ou négative qui souffle la pluie ou le beau temps sur le moral du pays. Les larmes de tristesse et de rage se cachent difficilement derrière les masques.

Faire son deuil est une épreuve intime difficile mais le faire dans nos conditions de vie c’est au délà. Ma grand-mère n’a pas eu l’hommage qui lui était dû et pour cela j’enrage. Elle n’a cessé toute sa vie de s’occuper des autres. L’église aurait du être pleine. Nous étions 12.

Je suis en colère contre ceux qui nous gouvernent et ceux qui l’ont fait ces dernières années. Ceux qui ont pris soin de détruire minutieusement notre service public. Je me demande parfois comment font ces gens pour se regarder dans le miroir le matin, avec autant de morts et de souffrance sur la conscience. Ma grand-mère n’est pas décédée du virus mais d’un effet collatéral du confinement. Ma colère se porte sur cette situation : comment avons nous fait pour en arriver là, à être enfermés chez nous pendant 2 mois ?

Je ne devrais pas m’énerver, ça ne sert à rien alors je l’écris. Ça ne sert pas pas à grand chose de plus, mais ça fait du bien. « Vous ne confinerez pas notre colère » lit-on parfois sur des banderoles. Quand je les vois, elles m’apaisent. Je me sens moins seule. Je me dis que peut-être le collectif nous sauvera de toute cette boue.

Certains diront peut-être que la perte de cette grand-mère tant aimée me fait perdre toute lucidité. La recherche d’un responsable, d’un bouc-émissaire aide en effet parfois. Si vous le pensez, soit. Il faut bien mourir de quelque chose me direz vous. Pas de l’incompétence de certains.

Je voudrais vous parler d’elle pour finir, cette petite Mémé d’amour qui avait les mains les plus douces de la terre. C’est sans doute pour cela que j’écris ce billet. Je suis si triste pour vous que vous n’ayez pas connu la belle personne qu’elle était. J’enrage mais je suis pleine d’amour et de reconnaissance pour tout ce qu’elle a fait pour moi et les autres.

Elle faisait les meilleurs petits-pois carottes au monde. Elle aimait offrir des bouquets avec les fleurs de son jardin, prenant soin d’associer les couleurs, les variétés et les odeurs. Lorsqu’elle faisait de la salade verde elle adorait saucer avec un morceau de pain, le plat vide pour récupérer toutes les échalotes assaisonnées. Elle me donnait toujours le quignon du pain qu’elle venait d’acheter. Elle aimait être invitée à danser par celui qui partageait sa vie depuis 65 ans. Elle s’émerveillait de voir grandir ses arrières-petites-filles. Elle préparait toujours notre repas favori quand on venait la voir. Et si on n’était pas là, elle conservait une petite boite tupperware de notre plat préféré qu’elle nous offrait à notre venue. Elle portait quelques fois du rouge à lèvre rose qui laissait des traces sur nos joues. Elle pensait aux autres plus souvent qu’à elle même. Nous ne la méritions pas. Elle s’appelait Jacqueline, elle avait 87 ans. 

Journal de bord des kiffs du jour (2)

Qui dit nouvelle semaine dit nouveaux kiffs ! Voici mes petits plaisirs de la semaine dernière. Pour rappel comme je vous l’indiquais dans mon précédent billet, depuis la semaine 6 du confinement je consigne dans un journal de bord toutes les petites choses qui me font plaisir, m’apportent un p’tit kiff et font mon bonheur.

Au lieu de les écrire, je vous propose de vous les dire via l’audioblog que j’ai ouvert. Radio Moulins, la webradio du quartier Moulins de Lille, en diffuse des extraits via sa ligne ouverte le mercredi et le jeudi après-midi. J’espère que ça vous plaira. Et vous c’était quoi votre kiff de la journée ? ;-)

Journal de bord des kiffs du jour

Dans le dernier Sons & Images, je vous parlais de Radio Moulins. Pendant la période de confinement, une ligne ouverte est proposée deux fois par semaine pour permettre aux habitants d’échanger et de découvrir les initiatives portées par des associations ou des partenaires locaux. Parallèlement il est possible d’envoyer ses contributions (messages, lectures, dédicaces, créations, chansons, etc…) comme une radio libre traditionnelle (Private joke pour les ados des années 90 : Diffool, si tu nous entends on pense à toi !)

Le joli logo de Radio Moulins conçu par Edwige Thiou

Dans la vraie vie j’ai toujours beaucoup écouté la radio et cela depuis toute petite. J’ai des souvenirs des flashs infos de RTL dans la voiture de mon Papa quand il m’emmenait à l’école, ou du jingle de France Info quand on partait en vacances, avec la caravane, sur les nationales interminables de France et de Navarre. Depuis quelques années même si la radio a toujours une place importante, je me suis mise à écouter de nombreux podcasts. J’aime l’audio, j’aime entendre les ambiances sonores, les petits bruits derrière le son principal, les hésitations dans la voix des intervenants et les sourires derrière les micros.

J’ai toujours voulu me lancer sans jamais oser le faire. Et puis j’ai lu cette phrase sur le site de Radio Moulins :

Gardons le contact en prenant du plaisir! Faites-vous des cadeaux, lancez-vous avec votre téléphone portable (ou) votre ordinateur (…).

Je me suis dit que c’était le bon moment d’expérimenter, prenant mon courage à deux mains et faisant taire AU MAXIMUM mon copain le syndrome de l’imposteur.

Du coup depuis lundi dernier j’ai commencé un Journal de bord des kiffs du jour. Tous les jours j’essaye d’identifier quelque chose qui m’a fait plaisir ou m’a rendu heureuse. En moins de deux minutes, j’essaye de retranscrire ma petite joie du jour dans une pastille audio que j’enregistre sur le dictaphone de mon ordinateur (d’où le son un peu pourri :-/).

A ma grande surprise/joie/bonheur/extase, Pauline de Radio Moulins m’a proposé de diffuser des extraits de ce journal de bord. Vous pouvez les retrouver sur la ligne ouverte du mercredi de 14h à 15h et du jeudi de 15h à 16h. Le replay des émissions se fait généralement 24 heures après la diffusion directement en page d’accueil sur le site de la radio.

Et puis comme on n’est pas à une folie prés (moi sur l’autoroute du #Yolo), j’ai ouvert un audioblog (la plateforme audio créée par Arte Radio).  Si vous avez envie d’écouter tous mes petits kiffs, je vous propose une playlist par semaine. Pour la semaine 6 du confinement voici mes bonheurs journaliers :

J’espère que ça vous plaira et que ça vous amènera à vous penser aux petits et grands bonheurs qui rythment nos vies (même s’ils sont tout petit). Rendez vous la semaine prochaine pour la suite !

Et vous c’était quoi le kiff de votre journée ? ;-)

Sons & Images #10

Une vidéo

« Manger/Bouger », « 5 fruits et légumes frais par jour », « Pour votre santé limitez les produits trop gras, trop sucrés, trop salés », « Pas de grignotage entre les repas » : elles sont nombreuses les injonctions sur la nourriture, proclamées au nom de notre santé et de notre bien-être. Et si ce que nous mangions n’était pas dicté par des choix individuels mais plutôt par les sirènes des lobbys de l’industrie agro-alimentaire ? Dans leur documentaire « Un monde obèse » (disponible jusqu’au 12 juin 2020), Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade nous montrent comment des hommes et des femmes essayent d’éveiller les conscienceS afin que le surpoids, l’obésité et leurs conséquences ne soient plus traités comme une question individuelle mais comme des enjeux collectifs.

Un podcast

J’ai découvert il y a quelques mois Radio Moulins qui est, comme son nom l’indique, la (web)radio concoctée par et pour les habitants de Moulins, l’un des quartiers de Lille. Il n’y a pas encore de grille de programmation ni de studio d’enregistrement mais le projet se monte progressivement. Avec Le Moulins à Parole, Bérézina est l’une des émissions que j’aime le plus. Tous les mois Marie Pons et Léa Anaïs Machado invitent une personnalité locale à parler de loose, d’échec et de contre-success-story. Parfois ça veut pas, ça ne marche pas : le podcast tente de comprendre pourquoi. J’aime particulièrement l’épisode avec Soizic Courbet la propriétaire de la très chouette librairie L’Affranchie.

Un Son

De nombreux artistes proposent pendant le confinement des concerts à la maison. J’aime beaucoup ceux de Norah Jones que j’écoutais beaucoup quand j’étais plus jeune et que j’ai eu plaisir à redécouvrir. Elle n’est pas particulièrement apprêtée, porte des jogging, ses enfants jouent dans la pièce à côté et le studio d’enregistrement n’est pas rangé : c’est la vrai vie et cela crée une ambiance simple et intime (comme à la maison :-). Bref ! Ça fait du bien.

Je t’aime, moi non plus

Aujourd’hui j’ai envie de vous confier quelque chose d’intime et de très personnelle. Je suis un peu gênée de le faire mais je dois vous avouer que j’ai longtemps eu une relation compliquée et conflictuelle avec les pois cassés.

Trop cuits, pas assez, complétement brulés ou en mode bouillasse. A chaque fois que je tentais une recette, c’était un fiasco : le truc infâme que tu manges par obligation pour ne pas jeter. Et puis il y a quelques mois je me suis lancée dans une nouvelle expérimentation. Il me restait un peu de pois cassés. Je ne voulais pas les jeter. J’ai donc tenté LA recette de la dernière chance me promettant que si ça n’était pas concluant, j’abonnerai.

Je ne sais pas si c’est du à un alignement favorable des planètes, si c’est un signe du cosmos ou de la Déesse des légumineuses mais ça a marché. J’ai eu l’impression alors d’être une wineuse, encore plus que Christian (#EspritCogipForEver). Désormais et pour mon plus grand plaisir, je suis d’une certaine manière en symbiose coporate avec mes pois cassés.

Au vu de cette réussite je me devais de partager avec vous la recette !

Les pois cassés de la win

Pour 4 portions de taille moyenne (ou 3 grosses) vous allez avoir besoin de :

      • 200g de pois cassés
      • 4 carottes bien charnues
      • 1 oignon
      • une cube de bouillon de légume
      • 10 cl de crème de coco (ça marche aussi si vous avez du lait de coco, mais je trouve que le goût de coco dans ce cas, est un peu trop présent)
      • 1 CàS de purée ou beurre de cacahuètes ( merci à A. pour la suggestion :-)
      • 2 CàS d’huile de coco
      • du curry (ou du ras-el-hanout)

Faites tremper les pois cassés toute une nuit (ou plus, parfois je les fais tremper pendant 24 heures).

Egouttez les pois cassés et rincez les. Epluchez les carottes et émincez les en petits tronçons. Faites revenir l’oignon émincé dans l’huile de coco. Versez y les carottes et les pois cassés pour les enrober d’huile. Ajoutez 500ml d’eau et le cube de bouillon de légumes. Laissez cuire sur feu doux pendant 30/40 minutes en couvrant et en surveillant la cuisson.

Délayez la cuillère à soupe de beurre de cacahuètes dans la crème de coco (un grand merci à A. pour ce conseil qui rend le plat encore plus onctueux et savoureux <3). Ajoutez ce mélange à la fin de la cuisson des pois cassés ainsi que le curry. Poursuivre la cuisson encore 2/3 minutes et dégustez. Je mange généralement ce plat avec du riz ou du sarrasin.

Je ne sais pas si c’est votre cas mais j’ai l’impression quand on cuisine, qu’il y a parfois des recettes qui nous résistent, qu’on tente pour un résultat assez moyenne. C’est votre cas aussi ? De mon côté j’espère un jour réussir à faire une mousse au chocolat bien aérée, des roulés à la cannelle (ou kanelbulle) qui ressemblent à des roulés à la cannelle et une flamiche aux maroilles digne de ce nom. Mais je ne m’avoue pas vaincue et je retenterai à l’occasion ! Et vous c’est quoi vos plats maudits et vos plus beaux échecs en cuisine ?

Bref, je me suis mise à la course à pied

Que l’on parle de course à pied, de running, de footing, de jogging ou d’endurance, moi tout ce que j’avais en tête jusqu’alors, c’était les cinq tours de stade obligatoires en cours d’EPS au collège (pratique que j’associe toujours à l’idée d’enfer sur terre). Et puis les choses ont changé. En janvier je me suis mise à courir. Pourquoi ? Je ne sais pas trop quoi vous répondre. J’aurais tendance à dire que j’en avais simplement envie, et puis c’était mon défi de début d’année.

Avant je pensais naïvement que courir tout le monde pouvait le faire (enfin tout le monde, à part moi). On mettait un pas devant l’autre et c’était tout bon. En me renseignant un peu j’ai pris conscience qu’il était important d’apprendre à courir, afin d’habituer son corps à ce sport d’impact qui peut être violent. J’ai donc suivi une sorte de programme d’entrainement à base de fractionnés (comme on dit dans le jargon), avec pour objectif  de courir 30 minutes sans m’arrêter. Le principe des fractionnés est simple : il suffit d’alterner course et marche active. Au départ on marche plus qu’on ne court, et au fur et à mesure des semaines, on réduit les temps de marche et on augmente le temps de course.

A ma toute première sortie j’ai alterné 30 secondes de course/3 minutes de marche active. C’était un peu trop facile. Je sentais que je pouvais augmenter le rythme. Je suis donc passée à 1 minute de course/2 minutes de marche active. Et j’ai progressivement augmenté mon temps de course quand je sentais que j’étais suffisamment à l’aise avec le « palier ». C’est la stratégie des petits pas qui font beaucoup avancer. Concrètement ça a donné ça :

      • 30 secondes de course /3 minutes de marche active (pendant 30 minutes)
      • 1 minute de course /2 minutes de marche active (pendant 30 minutes)
      • 1 minute 30 de course /1 minute 30 de marche active (pendant 30 minutes)
      • 2 minutes de course /1 minute de marche active (pendant 30 minutes)
      • 3 minutes de course / 2 minutes de marche active (répété 5 fois)
      • 5 minutes de course / 2 minutes de marche active (répété 4 fois)
      • 10 minutes de course / 1 minute de marche active (répété 3 fois)
      • 20 minutes de course / 1 minute de marche active /10 minutes de course

Et puis mercredi j’ai couru 30 minutes sans m’arrêter. Mon moi du collègue aurait tellement de mal à le croire mais pourtant la réalité est là.

Pour information : j’habite dans une résidence fermée et je m’entraine depuis le début du confinement, en faisant des tours de garages/parkings tôt le matin afin de ne croiser personne. C’est absolument pas du tout palpitant, mais ça me permet de courir sans mettre en danger quelqu’un.

Je crois que c’est un peu la révélation car depuis que je m’y suis mise j’ai sincèrement beaucoup de plaisir à sortir pour ma petite séance de course. Vraiment si je peux le faire, vous le pouvez également ! Dans ce billet je vous propose les astuces qui m’ont aidées à me lancer et à atteindre mon petit mais quand même très satisfaisant, objectif.

L’envie et le (non)rythme : J’essaye de sortir 2 fois par semaine, parfois j’arrive à faire trois sorties et parfois je ne cours qu’une seule fois (et si c’est le cas j’essaye de ne pas culpabiliser). Pendant ce confinement j’ai la chance de sortir quasiment tous les jours. Je n’ai pas de jours réguliers de sortie (la routine a tendance à me démotiver pour le sport). Je cours car j’en ai envie. Je ne cours pas pour maigrir, pour me muscler ou pour faire de la performance. Je cours car j’ai envie de sortir : ça reste la meilleure motivation que j’ai trouvée.

La durée : Aller à la piscine me prends 2h/2h30 tout compris. Courir c’est 30 à 40 minutes de sortie maximum. C’est plus facilement « casable » dans mon emploi du temps hors confinement. Il n’y a pas d’horaires à respecter, de jours de fermeture ou de calendrier à consulter. J’ai envie, je sors. Simple et efficace.

La montre (la regarder et sans détacher) : Ma montre et le chronométrage des fractionnés m’ont aidé au départ à me motiver. Quand je commençais à peiner, un petit coup d’œil sur le chrono me permettait de décompter le temps qu’il restait. Dans ma tête je me disait « allez plus que 2 minutes, plus qu’une minute, plus que 30 secondes ». Une fois que j’ai atteint les 10 minutes de courses non-stop la montre a commencé à produire un effet inverse. Le fait de me dire « il me reste encore 12 minutes » avait tendance à me stresser (j’avais des pensées négatives comme : « Mais je ne vais JAMAIS y arriver !!! »). Du coup j’ai arrêté de regarder ma montre toutes les 30 secondes et je m’en suis détachée.

Me, myself and I : Je cours seule. Il n’y a personne pour me mettre la pression (même involontairement), pour me dire que je devrais faire autrement. La seule personne à satisfaire et à rendre fière quand je cours : c’est moi. Je fais peut-être des erreurs selon les régles sacro-saintes de l’entrainement sportif mais qui s’en fout ? (moi en l’occurence).

Les encouragements : Les encouragement de mon entourage me font du bien et m’aident à être encore plus fière de moi. Ça aussi ça motive ;-)

L’équipement : j’ai acheté une paire de baskets pour ménager mon dos. Rien de folichon j’ai pris le premier prix à Décathl’ pour la modique somme de 18 euros. Ça me semblait un indispensable pour débuter. J’investirai peut-être dans une paire plus performante quand celle que j’utilise sera usée.

La suite : Vais-je courir plus loin, plus longtemps, plus souvent ? Allez vous avoir droit à un billet dans un an « Mon premier marathon »?  Franchement je ne pense pas. Je n’ai pour le moment pas envie de plus. Mes 30 minutes me suffisent. Je ne suis pas là pour faire de la performance. Je manque peut-être d’ambition mais je n’ai pas envie de me mettre la pression. C’est OK aussi de se satisfaire de ce que l’on a, non ? (Moi en tout cas je le crois).

J’espère que ce billet vous aura aidé/encouragé/motivé. Pour finir il me semblait important de conclure en vous rappelant que si vous n’avez pas envie de faire de sport : c’est tout à fait OK. Le plus important c’est d’être bien et de faire ce dont on a envie. Donc pas de pression et pas d’injonction. <3 Portez vous bien !

PS : Si vous en avez l’occasion je vous recommande le documentaire « Free to run » de Pierre Morath qui analyse le phénomène de running au fil du temps. J’ai particulièrement apprécisé que soit abordée l’approche feministe de la course et notamment la conquête du droit à courir par les femmes (merci à Kathy Switzer !).

Quoi de neuf doc’ ?

Comme je vous l’indiquais dans un récent article, je profite du confinement pour regarder des documentaires. Pour une raison que j’ignore, je n’arrive pas à me plonger dans des fictions. J’en ai commencé un certain nombre et puis à chaque fois au bout de 20/25 minutes, je n’arrive pas à accrocher et j’ai envie de tout, sauf de continuer à regarder. J’ai vu sur twitter qu’avec le confinement, certain.e.s n’arrivent plus à lire, à se concentrer, à regarder des séries ou des films. C’est peut-être le cas également pour moi. J’ai cependant constaté que le phénomène ne s’applique pas aux documentaires dont certains m’ont vraiment beaucoup plu. Je vous propose donc aujourd’hui une sélection de quatre films que j’ai aimés !

Le procès de Mandela et les autres

Juste avant le confinement j’ai eu l’occasion de découvrir la chouette exposition « William Kentridge. Un poème qui n’est pas le nôtre » proposée par le LAM. William Kentridge est un artiste sud-africain qui a créé de nombreuses oeuvres en lien avec l’histoire de son pays notamment l’apartheid et le procès de Rivonia dont à vrai dire, je n’avais jamais entendu parler. Le film de Nicolas Champeaux et Gilles Porte est tombé au bon moment car il traite justement de ce procès, dont n’ont été conservées que des archives audios. Les deux réalisateurs sont allés à la rencontre de certains des protagonistes pour mieux comprendre ce moment qui entraina la condamnation de Mandela et de ses compagnons de lutte, à la prison à vie. Le très bon (et très beau) travail du dessinateur Oerd permet de donner vie aux archives audios.

Les invisibles

Le documentaire de Sébastien Lifshitz est souvent présenté comme un film militant sur l’homosexualité et son invisibilisation. Avec des témoignages d’hommes et de femmes, urbains ou ruraux, né.e.s pendant l’entre-deux-guerres, le réalisateur pose effectivement la question de comment être un couple de même sexe dans une société qui rejetait, et rejette toujours d’ailleurs d’une certaine façon, ce type d’union. De ça il est effectivement question mais ce film m’a particulièrement touché, car on y parle d’amour, d’histoires d’amour, de rencontre, de sexualité et de sentiments. C’est beau et c’est touchant de voir ses couples de soixantenaires (ou plus) s’aimer tout simplement, malgré les obstacles qu’ils ont rencontrés.

Respirez vous êtes cernés

Habitant à Lille, je suis particulièrement sensible aux questions d’environnement et de qualité de l’air dans cette ville. Avec le documentaire « Respirez : vous êtes cernés », on découvre combien la situation est préoccupante. Avec des témoignages d’habitants, de médecins et de scientifiques (notamment les membres du projet Apolline), le film de Guillaume Desplanques nous alerte et montre combien il est important d’agir dès à présent. Loin de moi l’idée de rajouter de l’angoisse à la situation actuelle mais les résultats des capteurs de particules fines placés dans les maisons ou sur les cyclistes (en partenariat avec des membres de l’ADAV), font un peu peur. On le savait déjà mais de voir les graphiques de relevés rend les choses plus concrètes. Le documentaire a été programmé il y a quelques semaine au cinéma L’Univers. Malheureusement je n’ai pas pu m’y rendre mais bonne nouvelle : il est disponible librement sur le site de la chaine Weo.

L’intouchable (Harvey Weinstein)

« Le viol fait exploser l’audimat« . Dans son ouvrage « Bad Feminist » (dont est extraite la phrase précédente à la page 188, dans le chapitre « Le langage désinvolte de la violence sexuelle »), Roxane Gay montre combien des producteurs ou des réalisateurs introduisent des viols commis sur des femmes dans leurs fictions, pour relancer les intrigues de leur série ou attirer l’attention de nouveaux spectateurs. C’est dur à écrire mais le viol, ça rapporte dans l’industrie du divertissement. Lorsque j’ai vu l’année dernière les affiches de « L’intouchable Harvey Weintein » fleurir sur les écrans publicitaires, je me suis dit qu’on essayait une nouvelle fois de faire de l’argent avec la douleur des femmes. J’ai été surprise par le film car s’il comporte les témoignages de femmes violées (qui pourront satisfaire la curiosité excessivement malsaine de certain.e.s), le documentaire aborde principalement les raisons pour lesquels Weinstein a pu violer en toute impunité pendant des années. Tout le monde savait et personne n’a rien fait. Pourquoi ? Le pouvoir, l’argent, la complicité et le matelas de sécurité tissé autour de lui ont permis à Weinstein d’agir. C’est le décryptage de cette mécanique de protection du viol qui rend le film d’Ursula Macfarlane intéressant et fait réfléchir sur notre responsabilité (complicité ?) à dénoncer des violences (verbales, physiques ou sexuelles) dans les milieux professionnel, amical, familial ou associatif que nous côtoyons.